L’humoriste explique également que le climat délétère dépasserait les questions de paiement, même si celles-ci sont évidemment essentielles. « Au Paname, tu peux être viré pour un mot de travers, pour avoir vexé le programmateur, pour ne pas avoir accepté de faire une scène qu’ils te proposaient [...], pour avoir liké un post de quelqu’un qu’ils n’aiment pas », rapporte-t-il.
« Un coup de com’ », accuse la direction du Paname
Ce témoignage a eu une portée très importante dans le monde du stand-up. « Je m’adresse aux humoristes qui ont été virés sans raison, humiliés ou à qui les patrons ou les programmateurs ont manqué de respect sans raison. Dites aux gens ce qu’il s’est passé », appelle Sylvain Fergot en conclusion de sa vidéo. Contactée par Le Parisien jeudi, la direction du Paname Art Café a dénoncé « un coup de com’ », et dit réfléchir « aux suites à donner ».
De nombreux autres humoristes ont apporté leur soutien à Sylvain Fergot sous son post, ou partagé leur expérience négative avec le Paname Café. Cette vidéo a également convaincu d’autres artistes de témoigner anonymement auprès de France Culture, racontant le même climat de harcèlement et de pression.
L’une d’entre elles explique qu’une « consigne » existe : celle « de ne pas prévenir l’humoriste que ses dates ont été supprimées ». « On peut arriver et là, on nous dit devant tout le monde : “Qu’est-ce que tu fais là ? On t’a supprimé toutes tes dates pour le mois !” », raconte-t-elle, affirmant qu’il s’agissait d’un choix délibéré pour qu’il y ait « vraiment cette situation d’humiliation qui soit vécue ».
« Ambiance toxique »
Une seconde artiste, qui dit avoir aussi joué plusieurs fois sans être payée avant d’arrêter de collaborer avec le Paname Café, assure auprès de France Culture qu’il faut « qu’il y ait 30 personnes pour qu’on soit payés ». Selon elle, la jauge aurait même « augmenté », racontant qu’il y a encore un an ou deux, « c’était à partir de 20 personnes, ce qui était déjà fou ».
Auprès de France 3 Paris-Ile-de-France, Lucie, une autre humoriste, dénonce également l’« ambiance toxique » au Paname. « Lorsque l’on était programmé à 23 heures, ils avaient décidé de ne plus nous payer. C’est illégal », fustige-t-elle.
Tristan Ihne, membre du Syndicat français des artistes-interprètes de la CGT, dénonce, de son côté, auprès de France Culture « une impunité où l’on se dit que, de toute façon, je peux traiter les gens comme je veux, il y en a plein derrière, il ne va rien se passer pour moi ». Il appelle à ce qu’il y ait des « conséquences » aux témoignages de ces artistes. La direction du Paname Café n’a pas souhaité répondre à ces nouveaux témoignages dévoilés par France Culture.