Les incroyables talents de Pauline Clément
Pauline Clément excelle à montrer toutes les subtilités de son personnage. Elle est touchante et un poil pathétique en metteuse en scène qui n’ose pas s’affirmer, remarquable en comédienne qui reprend un rôle à la dernière minute, et hilarante lorsqu’elle explose enfin, à bout de nerfs.
Le film « De la Comédie-Française » a été écrit pour Pauline Clément, qui y joue le rôle principal et démontre toute l’ampleur de son talent.
Le film « De la Comédie-Française » a été écrit pour Pauline Clément, qui y joue le rôle principal et démontre toute l’ampleur de son talent.
L’actrice est l’âme du film, et même sa raison d’être. « On l’a écrit pour elle et construit autour d’elle », nous précise Martin Darondeau. Pauline Clément avait déjà travaillé avec les deux réalisateurs sur Broute, tout en poursuivant sa carrière au théâtre en parallèle. Elle intègre la Comédie-Française en tant que pensionnaire en 2015, avant d’en devenir sociétaire le 1er janvier 2026.
Comme elle, les vingt-deux acteurs et actrices de De la Comédie-Française font partie de l’institution. Parmi eux, on peut citer Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Benjamin Lavernhe (dans un rôle pour le moins surprenant, dont on ne vous dira rien pour ne pas gâcher la surprise), Guillaume Gallienne, Christian Hecq, Sefa Yeboah ou encore Danièle Lebrun, toujours sur les planches à 88 ans. « Tous les comédiens à qui on a proposé nous ont dit oui », se réjouit Martin Darondeau.
La Comédie-Française comme vous ne l’avez jamais vue
Le tournage a été express — 15 jours à peine — mais exceptionnel car tout a été filmé dans le Théâtre-Français, en jonglant avec le planning des comédiens et des représentations. Plus qu’une excellente comédie, le film permet de découvrir l’envers du décor de la Comédie-Française, loin de l’image élitiste et vieillissante que l’institution peut avoir.
Christian Hecq est à pleurer de rire en régisseur bavard et borné.
Christian Hecq est à pleurer de rire en régisseur bavard et borné.
En plus de la troupe, il met en lumière des métiers de l’ombre, comme régisseur, maquilleuse, habilleuse et ouvreur, dans des seconds rôles aussi mordants que les comédiens. Mention spéciale à Christian Hecq en régisseur, dont les tunnels sur les projecteurs et les machines à fumée américaines nous ont fait pleurer de rire.
Récompensé de quatre prix au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, le long-métrage de Bertrand Usclat et Martin Darondeau a tout de ceux dont il s’inspire : l’humour impertinent et la verve de Molière, la puissance dramatique de Shakespeare, l’éclat de la salle Richelieu et bien sûr, le talent brut des membres de la Comédie-Française. Acta est fabula : la pièce est jouée, et fabuleuse.