Ne cherchez plus. On tient le film le plus drôle de l’année, et il est français. En seulement 1 h 10, De la Comédie-Française nous laisse à peine le temps de respirer entre deux fous rires. Le premier long métrage de Bertrand Usclat et Martin Darondeau est sorti en salles mercredi 22 juillet, et on ne peut que vous le recommander.
Comme son titre le laisse entendre, la comédie nous plonge dans les coulisses de la plus vieille et prestigieuse troupe de théâtre de France. À trois heures du lever de rideau de la première de Macbeth, rien ne va plus pour la metteuse en scène Nina, jouée par la brillantissime Pauline Clément.
Vidéo
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Elle est en retard, ne retrouve plus son badge, son ex lui laisse leur bébé sur les bras, une comédienne a un problème de train, une autre trompe son mari comédien en loges et les réglages lumière n’ont toujours pas été faits.
Malgré les galères, il faut jouer. Car à la Comédie-Française, il y a une règle d’or : on n’annule pas une représentation. Molière n’est pas mort juste après avoir joué Le Malade imaginaire pour rien.
Divine comédie
Alors que le chrono défile, les emmerdes s’accumulent, et avec elles les blagues. On n’a rarement autant ri du malheur de quelqu’un que devant ce film. Les deux réalisateurs et auteurs ont pris la loi de Murphy au pied de la lettre et ne se sont refusé aucune mésaventure rocambolesque, ni aucun sujet. Ils ont même réussi à placer une blague sur les nazis, dans le temple du théâtre français.
« Il y a un côté un peu sniper, on essaie de trouver à chaque endroit, chaque mot, chaque virgule, chaque silence où est-ce qu’on pouvait faire rire », nous explique Bertrand Usclat, dans notre interview vidéo à voir en haut de cet article.
Avec Martin Darondeau, ils ont mis à profit leur expérience des séries courtes humoristiques. Pendant des années, ils ont travaillé ensemble sur la parodie de vidéos d’actualité Broute, diffusée sur YouTube puis Canal+. Et ça se ressent dans leur premier projet sur grand écran. Les dialogues sont aussi vifs qu’intelligents et surtout dans l’air du temps.
Derrière les situations comiques, De la Comédie-Française évoque aussi des sujets d’actualités : une Ministre de la culture à côté de la plaque, un mépris de classe envers certains métiers, et la difficile place des femmes au travail, tiraillées entre leur charge mentale de mère et leur syndrome de l’imposteur.