Certaines actrices traversent les époques sans jamais s’éteindre. Lyn May, légende du grand écran et de la scène au Mexique, a connu une trajectoire aussi flamboyante que semée d’embûches. Retour sur le parcours d’une femme qui, malgré un drame esthétique, a su garder la tête haute.
Dans l’univers du spectacle, il existe des figures dont la lumière ne s’estompe jamais. Lyn May, monument du cinéma et de la scène mexicaine, appartient à cette catégorie rare. Son histoire, faite de succès, de revers et de rebondissements inattendus, semble tout droit sortie d’un scénario de fiction.

Des plages d’Acapulco aux projecteurs
De son vrai nom Lilia Guadalupe Mendiola Mayares, Lyn May voit le jour en 1952 à Acapulco, issue d’une famille d’origine chinoise et mexicaine. Très jeune, elle apprend la valeur du travail pour soutenir les siens : d’abord en vendant des souvenirs aux touristes, puis en travaillant comme serveuse. C’est à cette époque qu’elle croise la route d’un marin américain, avec qui elle vivra quelques années et aura deux enfants. Après cette parenthèse, Lyn retourne dans sa ville natale et se tourne vers la danse. Sans formation académique poussée, elle se fait rapidement remarquer par son énergie débordante et son charisme sur scène.

Une popularité fulgurante
Le grand public la découvre à la télévision, notamment dans l’émission culte « Siempre en Domingo », diffusée dans toute l’Amérique latine. Sa notoriété croissante attire l’œil d’Enrique Lombardini, propriétaire du Teatro Esperanza Iris, qui l’invite à rejoindre ses spectacles burlesques. Après quelques hésitations, Lyn adopte pleinement ce style scénique qui deviendra sa marque de fabrique. Le public l’adopte rapidement, et Lombardini la surnomme « la déesse de l’amour ». Dans les années 1970 et 1980, elle devient l’une des figures incontournables du cinéma « Ficheras » au Mexique, un genre comique et populaire très ancré dans la culture locale.