Je m’appelle Laurent, j’ai 50 ans, et je suis père solo depuis près de vingt ans. Ma femme est partie quand Camille avait trois ans. Depuis, elle est ma raison de vivre — un duo soudé par la tendresse et le silence.
Camille a grandi, décroché son diplôme en design graphique, et vient de signer son premier CDI dans une start-up. Toujours discrète sur sa vie sentimentale, elle ne m’avait jamais présenté personne. Jusqu’à ce fameux soir.

La rencontre avec Thomas
Un après-midi, elle est entrée dans le garage pendant que je bricolais. « Papa, j’aimerais que tu rencontres quelqu’un ce soir. Il s’appelle Thomas. » Sa voix tremblait, comme si elle redoutait ma réaction. J’ai accepté sans poser de questions. J’ai mitonné un dîner réconfortant : poulet rôti, purée maison, salade verte et ma tarte aux pommes fétiche. À 19 heures, la sonnette a retenti. Thomas était grand, bien habillé, le sourire plaqué. Il disait bosser dans la cybersécurité. Sa poignée de main était ferme, mais glaciale. Quelque chose chez lui m’a glacé le sang — un vide dans le regard, un sourire forcé.