Depuis leur introduction sur l’île des Baléares, les couleuvres « fer-à-cheval » n’ont cessé de s’étendre et menacent la biodiversité locale, à commencer par une espèce endémique de lézards.

Depuis leur introduction sur l’île des Baléares, les couleuvres « fer-à-cheval » n’ont cessé de s’étendre et menacent la biodiversité locale, à commencer par une espèce endémique de lézards.

De quoi donner des sueurs froides aux touristes… mais pas que. L’île d’Ibiza, dans l’archipel espagnol des Baléares, est confrontée à une invasion de couleuvres dites « fer-à-cheval » et parfois décrites comme des « serpents nageurs », en raison de leur capacité à se déplacer sur l’eau.

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L’espèce peut faire peur aux habitants, permanents ou vacanciers, puisqu’elle s’introduit dans les maisons et peut finir dans les toilettes ou les éviers, mais elle n’est pas venimeuse ni dangereuse pour l’homme. La couleuvre fer-à-cheval représente en revanche un péril pour la biodiversité des Baléares et plus particulièrement pour le lézard des Pityuses, ou lézard des murailles d’Ibiza, une espèce endémique et symbole de l’île, qui constitue une proie facile.

Problème : l’installation et l’expansion des serpents invasifs semblent inexorables. Ils sont actuellement présents sur 90 % du territoire insulaire, mais devraient l’être sur sa totalité d’ici fin 2027, selon The Guardian. L’impact sur le lézard des Pituyses est déjà flagrant puisque, comme le note franceinfo, l’espèce est passée en octobre 2022 du statut de « vulnérable » à « menacée » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Des serpents qui nagent aussi jusqu’aux îlots alentour

Interrogée dimanche 2 août dans le journal Diario de Ibiza, la directrice générale de l’Environnement, qui dépend du gouvernement régional des îles Baléares, n’était pas franchement rassurante. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’être optimistes », a affirmé Anna Torres, qui reconnaît toutefois qu’il aurait fallu agir « plus tôt » et qu’il sera désormais « très difficile d’éliminer les serpents d’une île comme Ibiza ».

« Il existe des cas similaires d’espèces invasives sur d’autres îles du monde et elles n’ont jamais pu être éradiquées complètement », explique-t-elle, affichant pour « objectif principal de réduire le nombre » de serpents « actuellement présents sur l’île ». L’arrivée de cette couleuvre problématique à Ibiza remonte au début des années 2000 – jusque-là, l’île était l’une des rares de la Méditerranée à être dépourvue de serpents, comme le note Reporterre.