C’est une vraie « course » à l’abattage qui s’ouvre en Gironde. Des « millions de tonnes » de pins doivent être abattues et évacuées de la forêt ravagée par le mégafeu, ont estimé ce lundi 3 août des représentants de la filière. Cet empressement s’explique par la nécessité de sécuriser au plus vite le massif, déjà durement touché, face aux chutes d’arbres et aux parasites.
Une vingtaine d’acteurs de l’industrie du bois, qui représente 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 60 000 emplois en Nouvelle-Aquitaine, s’est réunie avec la préfète de Gironde, Sophie Brocas, pour dresser un « état des lieux des dégâts » après cet incendie de 42 000 hectares – le plus vaste en superficie depuis 1949 en France – qui a été annoncé « fixé » samedi après dix jours de lutte.
« Il faut qu’on coupe les arbres calcinés qui menacent de tomber sur des lotissements, sur des routes. La cartographie va être faite cette semaine pour que le travail de coupes de sécurité soit fait », a déclaré Sophie Brocas à l’issue de cette réunion, se disant défavorable à une réouverture immédiate de la forêt aux visiteurs, dans un massif toujours très sec.
Elle a assuré que le dispositif d’activité partielle interviendrait avec « zéro reste à charge » pour les entreprises des zones évacuées, et salué le « travail de titan » des forestiers pour réaliser 170 km de « coupes tactiques » (pare-feux). Selon François Guiraud, président de l’interprofession du pin maritime (CIPM), le chiffre provisoire de « 4 à 5 millions de tonnes » de bois à exploiter a été avancé lundi, soit « un peu moins d’une année de consommation » de l’industrie du bois sur le massif.